Face à la pollution, au réchauffement climatique et aux inégalités sociales, les transports publics
doivent être un service accessible à tous. La question de la gratuité dépasse la rentabilité et touche
directement la santé et le bien‑être des habitants. Analyse des enjeux actuels et des alternatives pour un
service public de qualité.
Rentabilité versus service public : les limites du réseau
Quand on a le souci de réduire la pollution de l’air, de lutter concrètement contre le réchauffement climatique et d’améliorer la santé de nos compatriotes au regard du nombre de décès, de maladies respiratoires occasionnées dans notre métropole par les transports, nous pouvons effectivement nous féliciter de l’augmentation de la fréquentation des transports publics.
Plus préoccupant à nos yeux reste, si l’on en croit l’article de Sud-Ouest du 07/10/2025, l’ambition somme toute assez limitée qui ressort du rapport annuel de l’exploitant de TBM, la société Kéolis Bordeaux, présenté aux élus de la métropole : un retour à la rentabilité.
Il apparaît dans une certaine mesure que celui-ci se fait au détriment de la qualité de service (interruptions fréquentes sur le réseau du tram, progression de l’absentéisme sur le réseau du bus, détérioration devenue récurrente du transport à la demande de personnes à mobilité réduite, le Mobibus).
Le recours quasi systématique à la sous-traitance par le biais de sociétés satellites du groupe Kéolis interpelle l’élu communiste de Bordeaux.
Il relève une opacité qui pose la question de la maîtrise publique.
La position des communistes sur la gratuité
Pour les communistes, l’avenir est dans la gratuité des transports en commun, elle doit faire l’objet d’investissements massifs.
Elle participe à la création d’une économie française socialisée au même titre que les régies de l’eau, de traitement des déchets et autres.
Il s’agit de soustraire aux appétits des grandes fortunes les services indispensables aux habitants, d’avancer pas à pas vers un service public national.
Tous les jours nous découvrons comment les grandes entreprises (5000 salariés et plus) échappent à l’impôt : si celles-ci étaient taxées au même niveau que les PME (moins de 250 salariés) -21,4% contre 14,3% – 10 milliards supplémentaires rentreraient dans les caisses de l’État.
Mais également comment elles sont arrosées d’aides multiples : 211 milliards distribués à fonds perdus (rapport du Sénat).
A la métropole bordelaise, que les principaux détracteurs de la gratuité soient les élus de droite, qu’ils crient au suicide, n’est pas surprenant ; cela fait bien longtemps que leur conversion au libéralisme, à la chasse aux coûts sociaux, s’est opérée.
Tout comme la Cour des comptes dont la lecture de son rapport à charge contre la gratuité démontre un parti pris sans équivoque en faveur des monopoles privés des transports.
Arguer que « la gratuité mène à une perte de qualité du service dans les grandes agglomérations, car elle rend les investissements impossibles à assurer », est un argument des plus fallacieux, contredit par Stéphane Mari (macroniste), adjoint au maire de Pessac, qui se plaint que : « La qualité du service se détériore ».
A Montpellier (ville dirigée par la gauche), la gratuité a créé une dynamique pour l’investissement et pour le développement du réseau notamment par la création d’une ligne tram supplémentaire explique l’élu en charge des transports en commun lors d’un débat sur ce sujet à Talence.
« Les transports en commun sont devenus une extension de l’espace public » ajoute-t-il.
Revalorisation du versement mobilité
Que deviendra la gauche si elle ne s’extrait pas des dogmes imposés par le libéralisme, clamant à longueur de temps : « c’est impossible », si elle ne sait que répondre par l’impuissance au besoins des populations.
Le combat d’aujourd’hui est de gagner une revalorisation du versement mobilité en le portant de 2,5% à 3,2% comme en région parisienne, n’en déplaise à Gérard Chausset, l’élu transhumant en fonction de l’air du temps d’un parti à un autre, dont la pensée profonde est de croire que « quand on est tenté par la gratuité, c’est parce qu’on n’a pas de projet ».
Cette revalorisation permettrait non seulement d’assurer la gratuité des transports dans la métropole, mais d’investir dans le développement du réseau qui en a bien besoin.
La gratuité c’est rendre un 13e mois aux salariés.
Rappelons au passage que l’URSSAF récolte ce versement, qu’il fait donc partie des cotisations salariales (salaire indirect versé aux organismes).
De même, faute de transports adaptés, les salariés utilisent à plus de 80% leur véhicule pour aller travailler.
La gratuité est un droit à la mobilité permettant à tous d’accéder aux loisirs, aux sports, à la culture, un frein à l’exclusion des milieux modestes tant le prix des transports pèse lourdement dans leur budget.
Elle a permis dans les villes qui ont fait ce choix de lutter contre l’isolement des personnes âgées en retrouvant une vie sociale et en accédant aux lieux de vie, aux commerces, au cœur de la ville.
L’engagement des communistes à Saint-Médard
La configuration de St Médard avec ses quartiers excentrés a amené les communistes et leurs élus à mettre dans leur programme l’instauration de navettes gratuites, de mener cette campagne dans la majorité municipale à laquelle ils ont appartenu sans pour autant être entendus.
Une proposition reprise par la liste de droite dissidente conduite par J Bouteyre en 2008.
Pour notre part, nous n’y avons jamais renoncé.
Assurément, de plus en plus plébiscité par les populations et au regard du succès de la pétition mise en ligne par notre section du PCF (460 signatures à la mi-octobre), la gratuité va s’inviter dans les débats des prochaines municipales.
Une bonne raison d’amplifier le nombre de signatures.
Signez la pétition : https://www.change.org/p/pour-la-gratuité-des-transports-en-commun-de-saint-médard-en-jalles

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