Le Monde Diplomatique s’efforce de démontrer comment les deux pôles médiatiques – l’un culturellement libéral porte-voix d’un bloc central allant Edouard Philippe à Raphaël Glucksmann et l’autre ultra conservateur et proche de l’extrême droite – tentent d’influer sur la prochaine élection présidentielle.
Il note à raison qu’ils sont tous deux compatibles avec les programmes économiques des gouvernements nommés par Emmanuel Macron.
Ils entendent pour ce faire : « neutraliser les extrêmes »
La présence prévisible du FN/RN au second tour de l’élection présidentielle met à mal le scénario d’un duel vaguement au centre : Edouard Philippe / Raphaël Glucksmann.
Il s’agirait pour neutraliser les extrêmes de favoriser la droite de la droite – Bruno Retailleau ou Jordan Bardella (le beau-fils idéal) – aux dépens de Marine Lepen jugée pas assez malléable, pas assez euro-soluble, « trop indifférente à la nouvelle religion séculière : le soutien militaire à l’Ukraine ».
La machine sondagière tourne pour ce faire à plein régime.
La maison Bolloré et l’implication médiatique des officines de l’intégriste catholique M.Sternin pèsent de tout leur poids pour ramener, à l’image de la Mussolinienne Georgia Meloni, le FN/RN dans le droit chemin capitaliste, du libre-échange, de la défense de l’entreprise selon le MEDEF et de l’alliance atlantique.
Diaboliser LFI est un exercice en vigueur depuis 2017 auquel se prêtent avec acuité les médias libéraux non sans succès auprès de leur électorat.
C’est une position dans laquelle se complaît semble-t-il Jean-Luc Mélenchon, qui nous joue la forteresse assiégée, persuadé que les polémiques renforcent son assise antisystème.
Or cette posture contribue fortement, autant que sa volonté hégémonique, à jeter l’opprobre sur l’ensemble de la gauche dont on ne retient pour l’heure qu’un air de désœuvrement.
La gauche apparaît entravée par une absence de débat de fond sur les changements et les moyens nécessaires pour redonner un sens aux mots de progrès social et bien-être.
Ce qui est le plus marquant à deux ans du prochain rendez-vous présidentiel est de voir une gauche obnubilée par une candidature unique lui permettant d’accéder éventuellement au second tour.
Alors que tout confondu elle ne pèse à peine qu’un très peu glorieux 28%.
C’est le retour des femmes et des hommes providentiels, les seuls à même de conduire la gauche à la victoire…
Fort bien ! Mais pourquoi faire ?
En 2012, nous avons connu en France une situation inédite, le PS disposant d’une majorité absolue à l’Assemblée.
Le Sénat était pour la première fois à gauche et le PS dirigeait l’immense majorité des régions, des grandes métropoles et des départements.
François Hollande, élu président annonçait que « son ennemi c’est la finance », un slogan qui lui permit de stopper la progression des intentions de vote en faveur du candidat du Front de Gauche –Jean-Luc Mélenchon- et de faire vibrer la petite musique du vote utile, pour par la suite appliquer un programme totalement libéral.
On a vu le résultat !
En 2017, c’est, à Emmanuel Macron (24,01%) et à Jean-Luc Mélenchon (19,58%) que profite le vote utile au détriment du candidat PS Benoît Hamon (6,36%).
Il faut dire qu’entre-temps le programme de Jean-Luc Mélenchon, qui n’était plus celui du Front de Gauche, s’était édulcoré notamment sur le nucléaire.
En 2022, le vote utile s’invite de nouveau dans la campagne sans pour autant faire progresser globalement le vote de gauche.
Par contre le score des deux candidats d’extrême droite réunis atteint 30%.
La question posée à la gauche, ce n’est pas tant qui a le meilleur profil ou comment organiser des primaires (on a déjà donné) pour aboutir au scenario redouté par le Monde Diplomatique.
Le peuple de gauche a eu un rôle essentiel dans cet évènement de portée internationale.
Cela a été le fruit d’une démarche : faire connaître le texte intégral, donner à voir au pays son contenu nocif, pour qu’il juge sur pièce.
La démonstration a été faite de la force du peuple quand il se saisit de la question politique, de la question de son avenir : c’est l’Europe sociale qui a été plébiscitée.
Certes, les tenants du capital se sont très vite employés à détruire l’envie, l’espoir qu’a soulevé le 29 mai 2005.
C’est une majorité de droite élue en 2007 qui a ratifié la copie collée du traité honni : le traité de Lisbonne.
De ce fait ils ont creusé un peu plus le fossé entre les citoyens et la politique.
Un encouragement à la dérive fascisante qui menace le pays.
Il est vrai qu’à l’époque la gauche comme en ce moment était divisée entre les tenants du libéralisme et ceux d’une république sociale aux contours – n’ayons pas peur des mots – flous.
Cette gauche était gangrenée par des luttes intestines dont le but in fine était la marginalisation d’un des acteurs les plus actifs du NON : le Parti Communiste Français.
C’est avec la démarche et l’esprit démocratique de la campagne référendaire de 2005 qu’il nous faut renouer.
Pour ce faire, créons les conditions d’un débat ouvert dans tout le pays sur le contenu de chaque projet des forces de gauche, débat qui nous permettra de dépasser les castings paralysants et de ramener à plus d’humilité les « sauveurs suprêmes ».
C’est la méthode pour remettre le pied à l’étrier aux déçus et aux abstentionnistes et rendre possible l’élargissement de l’étiage de chaque parti politique pour percer enfin le plafond de verre des 28%.
Unis, les salariés sont forts et peuvent changer le cours des événements.
Les communistes s’y inscrivent pleinement avec leur campagne « Produire et protéger ».
Nous voulons dès maintenant alimenter le débat, le sortir des sentiers battus et nourrir le combat dans la perspective que 2027 soit les prémisses des lendemains qui chantent.

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