Les tensions qui secouent le monde aujourd’hui ne sont pas accidentelles : elles découlent d’un système économique en crise qui trouve dans la militarisation un débouché profitable. De l’Ukraine à l’Amérique latine, du Moyen-Orient à l’Arctique, les grands États poursuivent dans des choix délétères, au détriment des populations. Pendant ce temps, en France, le gouvernement Lecornu, à l’image de ses prédécesseurs, sacrifie les besoins sociaux au profit d’une logique de guerre permanente.
Ukraine et OTAN : une guerre instrumentalisée au service du complexe militaro-industriel
L’invasion russe de l’Ukraine en 2022 a plongé des millions de civils dans un carnage humain : cet acte de violence a été maintes fois condamné.
Mais il est aujourd’hui exploité politiquement par l’OTAN et par Washington comme un prétexte pour intensifier une confrontation aux contours flous. Il ne s’agit plus seulement de défendre un peuple agressé, mais d’alimenter un conflit par procuration qui profite au complexe militaro industriel – ce réseau de fabricants d’armes, de firmes technologiques et de bureaucraties militaires pour qui les morts sont des chiffres et les tensions des marchés. Cette logique est palpable dans les budgets.
En France, les dépenses militaires ont bondi : d’environ 32 milliards d’euros au début des années 2010 à plus de 50 milliards aujourd’hui, avec une programmation à près de 400 milliards sur le prochain cycle budgétaire. L’objectif affiché est de dépasser 64 milliards par an d’ici à 2027.
Pendant ce temps, les budgets sociaux reculent : à l’image de l’hôpital public qui souffre des coupes budgétaires répétées, avec des milliers de lits fermés et des personnels au bord de l’épuisement ou comme dans l’enseignement est frappé par des suppressions de postes et des classes surchargées.
En effet, avec 1365 équivalents temps pleins (soit 1365 emplois) supprimés dans le secondaire à la rentrée 2026 dont 125 pour la seule académie de Bordeaux, la situation est alarmante. Mais au-delà des chiffres, c’est la rhétorique qui choque : le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, a récemment déclaré qu’il fallait préparer les Français à « accepter de perdre nos enfants » au combat si nécessaire pour dissuader une agression — une formule qui a provoqué une vague d’indignation politique et sociale.
Venezuela, Cuba, Iran : sanctions, kidnappings politiques et chaos organisé
L’impérialisme ne se limite pas à l’Europe orientale ; il se déploie aussi de manière agressive dans les Amériques et au Moyen-Orient. Sous l’administration Donald Trump, les États Unis ont mis en œuvre un arsenal de sanctions économiques criminelles contre le Venezuela et maintiennent l’embargo contre Cuba, transformant des crises politiques en souffrances humaines. Ces sanctions frappent les populations : pénuries de médicaments, effondrement des services sociaux, fuite des cerveaux.
Pire encore, le cas du Venezuela a révélé une pratique digne des pires épisodes de l’histoire récente : un dirigeant vénézuélien a été arrêté et transféré hors de son pays en violation des frontières et du droit international, une opération qui s’apparente à un kidnapping politique.
Avec cette atteinte flagrante à la souveraineté nationale l’Organisation des Nations unies est reléguée à un rôle de spectateur impuissant.
Quant à l’Iran, le maintien de sanctions sévères a transformé la région en poudrière permanente,, exacerbant les divisions et alimentant des logiques de confrontation dangereuses. Là encore, ce ne sont pas des politiques de paix mais des politiques de tension qui sont à l’œuvre, profitant aux industries d’armement et aux
firmes extractives tout en négligeant les besoins humains fondamentaux.
Groenland, UE et France : l’alignement atlantiste et le flou européen
La course aux ressources et aux positions géostratégiques s’étend jusque dans l’Arctique. Le chantage exercé sur le Groenland, qui possède des réserves considérables de minerais rares et une situation stratégique, illustre une fois de plus comment les grandes puissances exploitent les territoires et les peuples pour asseoir leur domination. Pendant ce temps, les enjeux environnementaux – réchauffement climatique, montée des eaux, protection des écosystèmes – sont relégués derrière des logiques de rivalités.
L’Union européenne, plutôt que de jouer un rôle de pacification, s’est en grande partie alignée sur l’OTAN.
En France, le président Emmanuel Macron alterne entre discours sur l’autonomie stratégique et acceptation des diktats atlantistes, au prix d’une militarisation accrue et de
sacrifices imposés aux classes populaires. Le projet d’un service national volontaire élargi à des dizaines de milliers de jeunes, justifié au nom d’une « préparation aux menaces », est une manière subtile de rendre acceptable l’idée que la nation pourrait un jour envoyer ses jeunes mourir sous des drapeaux flous. La guerre n’est pas une nécessité naturelle : elle est la conséquence de choix politiques et économiques au service d’un capitalisme mondialisé en crise. Les peuples doivent refuser la logique qui
sacrifie leurs vies, leurs services publics et leur avenir à des intérêts de pouvoir et de profit.
La paix, la justice sociale et la coopération internationale sont des combats qui valent mieux que les sirènes de la guerre et des armes.

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