Une belle vieille dame…

5, octobre 2025

Thématique Expressions : Sécurité sociale

80 ans ça se fête !

Une des plus belles conquêtes sociales avec les congés payés du monde du travail, qu’il n’est jamais gagné : la SÉCURITÉ SOCIALE.
Les ordonnances des 4 et 19 octobre 1945 créent une organisation de la sécurité sociale qui fusionne toutes les anciennes assurances (maladie, retraite …) et garantit à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes – fini la charité, le paternalisme patronal.
Le programme du Conseil national de la résistance « Les jours heureux » publié le 15 mars 1944 en fixe les bases en y inscrivant « un plan complet de sécurité sociale visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État. »
Il s’agit de concevoir une caisse unique de sécurité sociale pour remplacer un millier d’organismes privés.

La mise en place

Le 5 octobre 1944, Pierre Laroque, haut fonctionnaire très enclin sur les questions sociales, est en charge de sa conception. Ambroise Croizat, nommé ministre du travail le 21 novembre 1945, la met en pratique et la défend bec et ongle à l’assemblée face aux représentants de groupes d’intérêt qui s’y opposent.
Dans la foulée il impose : la suppression de l’abattement de 10% sur les salaires des femmes, l’indemnisation des accidents du travail et des maladies professionnelles par la sécurité sociale, la création de la médecine du travail, des comités d’entreprise.
En six mois, grâce à l’action de la CGT sur le terrain, le dispositif est mis en place. Les salariés vont élire leurs représentants au conseil d’administration et gérer la sécurité sociale.

Les premières attaques

Dès lors, elle n’eut de cesse d’être attaquée par la droite et le patronat.
En 1948 De Gaulle dénonce déjà la hausse des dépenses sociales. Tout juste revenu au pouvoir en mai 1958, il instaure une franchise et l’augmentation de la part restant à charge pour l’assuré des médicaments.
Neuf ans plus tard, il revient à la charge par ordonnance du 21 août 1967 : il scinde la sécurité sociale en 3 caisses nationales bénéficiant de ressources propres, fragilisant le système. Celles-ci, n’étant plus solidaires entre elles, en fonction des aléas peuvent devenir déficitaires.
Les élections au conseil d’administration sont supprimées, le paritarisme renforce la représentation du patronat dans la gestion des caisses, et accentue la tutelle de l’État.
« Le loup est dans la bergerie, il va pouvoir œuvrer au démantèlement de la sécurité sociale. »

Le financement remis en cause

La création de la CSG par M. Rocard, ministre socialiste d’un gouvernement d’ouverture avec la droite sous le second mandat de F. Mitterrand, remet en cause le financement par les cotisations sociales, le patronat bénéficiant d’exonérations de plus en plus massives.
Commence alors l’engrenage de la fiscalisation et de l’étatisation de la sécurité sociale, aggravé en 1995 par la loi Juppé, qui supprime les élections des administrateurs et instaure le vote par le parlement de son enveloppe budgétaire.
Désormais chaque année les parlementaires votent la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) dont l’arbitrage incombait auparavant aux organisations syndicales et patronales.
L’équilibre financier passe ainsi par l’adaptation des prestations aux financements et non aux besoins des assurés.

Le poids des complémentaires santé

Ces nouvelles mesures poussent les salariés à recourir aux complémentaires santé, aujourd’hui majoritairement contrôlées par de grands groupes d’assurances privés dont les hausses de cotisations sont exponentielles (+3,4% en 2022, +4,7% en 2023, +8,1% en 2024, 6% en 2025).
Il est prévu une nouvelle majoration des cotisations entre +3,4% et 10% pour les contrats individuels souscrits notamment par les retraités en 2026, des taux nettement supérieurs à l’inflation. Ces groupes justifient cette escalade par les hausses des tarifs des médecins, la quasi généralisation des dépassements d’honoraires des spécialistes. Les diverses diminutions des remboursements de la sécurité sociale laissés en héritage ou prévus par le sinistré Bayrou.
Cela va se traduire par un accroissement des renoncements à ces couvertures santé et plus grave aux renoncements aux soins.

Sanctuariser la sécurité sociale

Ce mercredi les élus communistes ont présenté une loi constitutionnelle dans le but de graver la sécurité sociale dans le marbre de la constitution, de parer les attaques incessantes, mais également de réaffirmer deux principes fondamentaux : elle doit être financée par les cotisations et gérée par les salariés.
80 ans après sa fondation, il est plus que jamais nécessaire que la sécurité sociale soit considérée comme une institution fondamentale de la République, fondée sur les principes d’universalité, de solidarité nationale et du service public.
Sanctuariser ses principes éviterait que, comme nous l’avons vécu, le conseil constitutionnel, au prétexte que l’introduction de la retraite par capitalisation et les complémentaires santé viennent s’ajouter à la SÉCU sans s’y substituer complètement, ne s’oppose à leur mise en place.
Il est à noter que depuis que l’État gère la SÉCU nous avons un problème de dette. Cette dernière a été imaginée pour libérer les travailleurs de la peur des lendemains, il faut renouer comme à son origine avec la prise en charge de la totalité des soins.
Elle doit être financée par la richesse créée par le travail et non par l’impôt, d’autant que la CSG impose les salariés sur de l’argent qu’ils ne touchent pas.
« Il faut déployer la même énergie à sauver la SÉCU que celle qui a été mise à sa création ». (Yannick Monnet député PCF de l’Allier initiateur du projet de loi).

Défendre la sécurité sociale

Défendre la sécurité sociale c’est œuvrer pour un projet de société républicain, social, humain, solidaire ; c’est le moyen de combattre la désespérance sociale qui mine notre démocratie, c’est combattre l’émergence d’une extrême droite fascisante.
C’est un engagement fort pour l’avenir.
Stop aux dépassements d’honoraires, oui au 100% Sécu !

Signez la pétition : https://www.pcf.fr/petition_securite_sociale

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