Soixante ans de blocus.
Et pourtant, chaque fois que Cuba traverse une crise, le réflexe médiatique reste le même : pointer les défaillances internes, le régime, la gestion économique. Rarement le contexte. Rarement cette guerre économique qui dure depuis 1962 et que l’ONU condamne chaque année dans l’indifférence générale.
Face à cette injustice, la solidarité internationale s’organise concrètement, notamment en France.
Un peuple appauvri par un siège économique organisé
À Cuba, les pénuries sont réelles. La pauvreté aussi. Mais les présenter sans leur cause centrale relève au mieux de l’ignorance, au pire de la désinformation.
Car la réalité cubaine n’est pas celle d’un pays « qui n’y arrive pas » : c’est celle d’un peuple placé sous siège économique depuis plus de soixante ans par la première puissance mondiale. Comme le rappelle André Chassaigne, la société cubaine vit dans une grande pauvreté : une pauvreté organisée de l’extérieur.
Le blocus états-unien : une arme impériale extraterritoriale
Depuis 1962, Washington a construit un arsenal de sanctions extraterritoriales dont l’objectif avoué est de provoquer pénuries et mécontentement jusqu’à obtenir un changement de régime. Le dispositif américain fonctionne de manière extraterritoriale : une entreprise espagnole, canadienne ou malaisienne qui commercerait avec La Havane — si ses produits intègrent des composants américains — s’expose à des sanctions de Washington. Le blocus ne s’arrête pas aux frontières des États-Unis.
Il contraint, de fait, l’économie mondiale entière à tenir Cuba à l’écart.
Autrement dit, Washington prétend décider avec qui le reste du monde a le droit de commercer.
Voilà l’impérialisme contemporain : la domination économique transformée en arme politique globale.
Un embargo condamné par le monde
Ce blocus est condamné chaque année par l’écrasante majorité des États membres de l’ONU. Depuis des décennies, presque toute la planète vote pour sa levée. Les États-Unis persistent, quasi seuls. Le blocus n’est donc pas seulement injuste : il est illégal au regard du droit international et rejeté par la communauté mondiale.
La vie quotidienne sous sanctions
Ses effets se lisent dans la vie quotidienne.
Des trains immobilisés faute de pièces, des récoltes perdues faute de carburant, des médicaments introuvables alors qu’ils existent ailleurs. Des entreprises européennes renoncent à commercer par peur d’amendes américaines.
En 2014, la banque française BNP Paribas a été frappée de près de 9 milliards de dollars d’amende par Washington pour des transactions avec Cuba, illustration brutale d’un blocus illégal imposé extraterritorialement au reste du monde. Même des projets publics ont été abandonnés sous pression.
Le blocus ne frappe pas un gouvernement abstrait : il frappe des familles, des malades, des travailleurs, et il impose la loi américaine bien au-delà de ses frontières.
Escalade récente : énergie et finance dans la ligne de mire
Depuis quelques années, l’offensive impérialiste s’est encore durcie. L’administration Trump a ajouté plus de 240 mesures coercitives, réactivé des lois permettant de poursuivre des entreprises étrangères et inscrit Cuba sur la liste des États soutenant le terrorisme, coupant l’accès aux financements internationaux. Ces sanctions n’ont pas été levées ensuite. Cette année, un nouveau cap a été franchi. Washington menace désormais de sanctionner tout État qui livrerait du pétrole à l’île. L’objectif est brutal dans sa simplicité : couper Cuba de l’énergie. Sur le terrain, cela se traduit par des coupures d’électricité qui s’étendent sur des heures, des hôpitaux contraints de rationner, des transports paralysés. Une pénurie fabriquée, délibérée.
Cuba, une souveraineté qui défie l’ordre géopolitique
La logique, elle, n’a pas changé depuis 1959. Ce que Washington ne pardonne pas, c’est l’existence même d’un Cuba indépendant de son orbite.
Le blocus n’est pas une réponse à une menace — Cuba ne menace personne. C’est un instrument de pression destiné à rendre le choix cubain insoutenable, jusqu’à capitulation. Autrement dit, un acte d’impérialisme assumé.
Résister et soigner malgré l’asphyxie
Et pourtant, malgré cette asphyxie, Cuba continue d’exister et de partager. Alphabétisation généralisée, santé et éducation gratuites, coopération sanitaire internationale : des dizaines de milliers de soignants cubains ont aidé des populations dans plus de cent pays, y compris en Europe pendant la pandémie.
Ce contraste est saisissant : un pays privé de ressources qui pratique la solidarité mondiale.
Une question de souveraineté et de droit international
La question que pose Cuba dépasse largement Cuba. Elle touche au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, à la capacité des grandes puissances d’imposer leur loi économique au reste du monde, et à ce qu’on est prêt à accepter comme normal : qu’un peuple soit privé de médicaments, d’énergie ou de commerce pour des raisons purement politiques.
Exiger la levée du blocus et organiser la solidarité
Parler de Cuba, ce n’est ni nier ses difficultés ni idéaliser sa réalité. C’est rappeler qu’on ne peut juger un pays sans regarder l’étau qui l’étrangle depuis plus de six décennies. Et c’est affirmer une exigence universelle : aucun peuple ne doit être puni pour avoir choisi sa voie. Parce que le blocus contre Cuba est illégal et impérialiste, exigeons sa levée immédiate. « La paix est le plus grand des combats », disait Jean Jaurès. La lutte pour la paix a présidé à la naissance du PCF en 1920 et elle demeure au cœur de toutes nos actions de solidarité entre les peuples et de lutte contre les dominations. Face à ce blocus illégal, c’est bien cet internationalisme, pilier de l’engagement communiste, qui continue de guider notre solidarité et nos combats.
En France, la campagne portée par les communistes et de nombreuses organisations permet d’acheminer vers Cuba des médicaments et du matériel médical par containers. Chacun peut agir en donnant du matériel ou des médicaments non périmés et non entamés, en relayant la collecte, ou en participant financièrement.
Organisons nous et donnons !
📍 LIEUX DE COLLECTE :
Siège du PCF 2 place du Colonel Fabien 75019 Paris ou Fédération PCF Gironde Rue Furtado 33800 Bordeaux.
Ou faites un don par chèque : libeller à l’ordre de « ANF PCF » avec écrit « Cuba » au dos du chèque, à envoyer 2 place du Colonel Fabien – 75019 Paris.
La Lettre ouverte de Fabien Roussel à Emmanuel Macron du 2 février 2026 : 02022026__Lettre_ouverte_FR_pour_le_président_de_la_République
En savoir plus : https://www.pcf.fr/cuba
Faire un don pour l’envoi de containers : https://uncontainerpourcuba.fr/

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