On utilise fréquemment cette formule à l’occasion d’un pot, bien souvent pour trinquer entre amis, pour leur souhaiter la meilleure possible. Quoi de plus précieux que la santé ?
Un système de santé à bout de souffle
La santé, c’est aussi un système de soins qui fut un temps un des plus performants au monde, articulé autour d’un hôpital public à la pointe du progrès, non entravé par une gestion comptable d’entreprise privée et avec une sécurité sociale non étatisée, gérée par les salariés, permettant l’accès aux soins pour tous. Un bijou en quatre décennies méthodiquement démantelé, sacrifié sur l’autel de la rentabilité financière à coups de plans d’austérité. Une saignée qui, loin de rétablir le prétendu malade, le tue à petit feu.
Le 5 octobre 2026, Sud-Ouest décrit les répercussions de ces choix politiques dans notre région, dans le Lot-et-Garonne plus précisément. Le maire de Marmande, médecin de son état, a pris, pour créer un sursaut, un arrêté interdisant à ses administrés de tomber malades. Ceci pour dénoncer une situation alarmante sur son territoire : « une médecine de ville et un hôpital dont l’état de décomposition met en péril l’accès aux soins de 110 000 personnes ».
Dans l’agglo d’Agen (100 000 habitants), la population est confrontée à un désert médical qui prive 10 000 de médecin traitant. Face à cette situation d’abandon dont le chef du service pneumologie à l’hôpital d’Agen, Pierre Chollet, plus de 30 ans d’exercice, ne s’attendait pas à vivre, c’est le système D, le hasard, voire la combine qui parent aux manques, au plus pressé, déclare un patient : « Quand j’ai un problème qui relève d’un spécialiste, j’essaie d’être coopté par un proche ou une connaissance du médecin. C’est comme ça que vous décrochez un rendez-vous le plus rapidement possible. »
D’autres utilisent la télémédecine, pas toujours fiable ; sans possibilité de suivi occasionné par le turn-over des praticiens, déplore une mère de famille dont l’enfant a été victime d’un mauvais diagnostic : « Une angine reconnue virale s’avère être bactérienne ; résultat, son état se dégrade, s’ensuit un malaise… Heureusement, mon beau-père, médecin à la retraite, a pu lui prescrire un traitement antibiotique. » D’où l’intérêt du diagnostic partagé pratiqué au centre communal de santé de St-Médard-en-Jalles.
L’austérité budgétaire au détriment de la santé et des services publics
Les conséquences de l’effondrement de l’offre de soins alors que la demande explose sont une véritable bombe à retardement, s’inquiète le pneumologue : « Nous voyons des gens qui viennent nous consulter avec des diagnostics de cancers bien trop tardifs, ainsi on constate une baisse de l’espérance de vie. » Paradoxalement, ce dernier est élu départemental – Horizon, le parti fondé par Édouard Philippe. Celui-ci, dans la perspective des débats sur le budget de la France pour 2027, a ébauché un programme présidentiel dont le maître mot est une super-austérité dont le poids reposera « pour moitié sur les dépenses de l’État (entendez par là le non-remplacement de 400 000 fonctionnaires, la baisse de 2,5 % des crédits de l’État), pour moitié sur les dépenses sociales (le gel des dépenses d’action sociale, la baisse de 3 % par an des dépenses des caisses de sécurité sociale, entre autres) ».
Il est à noter l’exonération, comme à l’accoutumée, des entreprises de toutes hausses d’impôt et donc de ne pas participer à la solidarité nationale.
La jeunesse face à l’austérité et au tri social
« De l’argent pour l’hôpital, pas pour l’armement », scandent les lycéens dans la rue. Ils n’ont pas manqué de faire le rapprochement entre le tribut qu’ils paient du fait de quatre décennies d’austérité : établissements dégradés, indignes de la sixième puissance mondiale dont le travail de leurs parents génère 3 000 milliards d’euros de richesse, profs non remplacés, classes surchargées… Et un avenir compromis par Parcoursup, procédé opaque anxiogène, opérant un inadmissible tri social. Mais également en exigeant un avenir décarboné face à un système qui détruit la planète pour enrichir une infime minorité.
Nous sommes loin de l’insinuation d’E. Philippe que les jeunes manifestent parce que « la cantine n’est pas bonne ».
Pour un plan d’urgence pour la jeunesse et une convergence des luttes
Le PCF est sans ambiguïté aux côtés de la jeunesse (on est là même si les médias ne nous voient pas), il a élaboré un plan pour la jeunesse et l’éducation présenté le 6 octobre 2026 par F. Roussel (voir site oise.pcf.fr), visant à faire de celle-ci une priorité nationale face à la crise de l’Éducation nationale dont les principaux points sont : la demande d’un projet de loi de finances rectificative allouant 5 milliards d’euros pour la rénovation des collèges et lycées, le recrutement de 90 000 enseignants, la réduction d’élèves par classe, la garantie du remplacement systématique des profs absents ; le retour à 32 heures de cours par semaine, le rétablissement du bac pro en quatre ans, suppression de Parcoursup et de Mon Master pour garantir une place pour chaque jeune dans l’enseignement supérieur.
Appel à un pacte d’urgence partagé par les forces politiques pour inscrire ces dépenses dès le budget 2027.
Y aura-t-il une résurgence du mouvement des Gilets jaunes le 17 octobre après l’appel lancé sur Internet et le succès de l’acte V du mouvement de lycéens qui débouche sur une possible convergence des luttes ? Toutes et tous que la vie chère et l’austérité frappent ont mille raisons de rejoindre les jeunes dans la rue. Le 17 octobre, ils y seront de nouveau : « Que tout le monde nous rejoigne, on attend que ça ! », clament-ils. Alors, franchissons le pas !

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