En apesanteur.

17, mai 2025

Thématique Expressions : international

C’est le sentiment qu’a laissé E. Macron à l’issue du show télévisé de plus de trois heures de mercredi dernier. Le fait de ne peser pas grand-chose si ce n’est rien sur le cours des évènements dans notre pays.
On nous avait promis des annonces, des annonces fortes et il n’en fut rien.


« Le président se justifie beaucoup et annonce peu« , déplore le Sud-Ouest du 14 mai.

E. Macron a perdu la main ; ce n’est plus l’acteur central du récit du quinquennat, il s’est fait volé la vedette par l’Assemblée Nationale avec le débat sur le projet de loi concernant la fin de vie, un projet antérieur à la dissolution du 9 juin 2024.
Un débat épineux, complexe, mais qui se passe bien. Faire référence à celui-ci pour présenter le réferendum comme solution à l’enlisement démocratique est totalement incongru. Son adoption serait la seule loi ayant vu le jour ces derniers mois. Bayrou, dans la pétaudière de l’affaire Betharram, qui boit le calice du mensonge jusqu’à la lie  et Retailleau avec ses gesticulations sur l’Algérie, sa course à l’échalote sur les thèmes du FN/RN , contribuent au passage au second plan du président.

 

L’éditorialiste du Sud-Ouest d’aujourd’hui n’est pas tendre avec la prestation macronienne : « le récit de l’impuissance, qu’est-il allé faire dans cette galère ? une émission (…) où même lui avait l’air de s’ennuyer autant que nous. Les brillants stratèges de l’Elysée, qui ont approuvé cette émission, ont réussi le tour de force d’écrire en prime-time le récit de l’impuissance présidentielle. Du grand art qui n’est pas sans nous rappeler celui remarquable des apprentis sorciers de la dissolution. Cette soirée est venue confirmer ce que nous savions : E. Macron risque fort de traverser cette fin de quinquennat en (télé)spectateur ».

 

Il ne se départit pas de faire rentrer pour autant de sa morgue, il s’enferre dans l’arrogance, le libéralisme, en refusant toujours d’entendre les français sur l’abrogation de la réforme des retraites ou d’examiner les contre-propositions des syndicats.

C’est notamment le cas de la mise en place d’une taxe Zucman dont le but est d’imposer les patrimoines en France de plus de 100 millions, ce qui permettrait d’apporter dans les caisses de l’État 20 milliards d’euros par an. Notre courtier-président a écarté toute volonté d’affronter les multinationales en refusant la nationalisation d’Arcelor Mittal.

 

On retiendra comme point positif le fait qu’il prend ses distances avec Netanyahou, même s’il refuse d’employer le terme de génocide au prétexte que se sont aux historiens de le faire, bien qu’il y ait déjà nombre d’entre eux qu’ils l’utilisent. Il aurait pu s’appuyer sur le droit international et les rapports de l’ONU qui dénoncent le risque de génocide. Pas trop n’en faut. Néanmoins, il est probable qu’il reconnaisse le 3 ou 4 juin prochain, lors d’une initiative avec l’Arabie saoudite, l’Etat palestinien.

 

© Doaa Albaz / ANADOLU / Anadolu via AFP

Mercredi à la une, l’Humanité a publié une image choc, pour montrer la dure et insoutenable réalité de l’utilisation de la faim comme arme de guerre contre la population de GAZA exsangue après 19 mois de bombardements. Cela découle du blocus total imposé par Netanyahou depuis le 2 Mars. Depuis, le journal fait l’objet d’attaque de l’extrême droite. Elle accuse l’Humanité d’avoir publié « une fausse photo » ; il faut dire que la photo a créé un état de choc dont fait part le Huffington Post qui la reproduit sur son site. « Le quotidien communiste apporte plusieurs preuves », soutient ce dernier. La photo été prise le 24 avril dans l’hôpital de Khan Yunis, malheureusement ce n’est pas la seule. Il s’agit d’une photographie sourcée, publiée par l’Agence France Presse, qui garantit, grâce à un travail minutieux, l’authenticité et la provenance de ses photos pour lutter contre IA générative. La rédaction de l’Humanité a publié sur X le bordereau complet émanant de l’AFP. Cet enfant Gazaoui existe bien. Il s’appelle Osama El Rakab et il ne mange pas à sa faim.

Depuis le début de la guerre à Gaza, 140 500 enfants ont été tués.

C’est plus que le nombre d’enfants tués en 4 ans de guerre dans le monde entier. L’histoire jugera les soutiens au génocide en cours à Gaza.

 

Il est affreusement désolant d’entendre un homme comme Arno Klarsfeld, qui forçait l’admiration pour sa pugnacité dans la poursuite pour faire condamner des génocidaires nazis, déclarer : « S’il y avait une famine, il y aurait des milliers d’enfants dénutris et maigres comme les images de survivants de camps de concentration. Ce n’est pas ce que je vois. »

 

Son aveuglement dans la défense de la politique de Netanyahou l’a conduit à soutenir les héritiers de ses persécuteurs en adoubant le FN/RN lors des dernières élections.
Il lui fait maintenant atteindre les sommets de l’obscénité.
Prend-il la mesure du mal qu’il fait à la mémoire de la Shoa avec ses comparaisons suggérées avec les camps nazis.

L’inaction des Etats qui ont les moyens de faire pression sur les autorités israéliennes est insupportable.

Des voix s’élèvent de plus en plus nombreuses, y compris dans la communauté juive, pour dénoncer les crimes de Netanyahou. Et c’est une bonne chose.

L’UE, si prompte à sanctionner, à juste titre, la Russie, n’a pourtant formulé aucune menace de sanctions, ni envisagé la moindre révision de l’accord d’association avec Israël. Par sa lâcheté, l’Union Européenne fait peser sur les peuples européens le poids d’une acceptation tacite d’un génocide en cours au XXIème siècle, une position moralement insoutenable.

« La vie ce n’est pas d’attendre que les orages passent, c’est d’apprendre comment danser sous la pluie ». Sénèque

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